Arthur Auboeuf, de la fac de sport à l’entrepreneuriat, de l’entrepreneuriat à l’écologie.


Arthur a 26 ans, bientôt 27. Et il s’est mis en action, il y a bien longtemps ! « Quand j’étais petit et qu’on construisait une cabane en bois, il fallait déjà que je mette un porte-manteau interactif. C’était ma passion d’essayer de créer des choses ». Non, il n’est pas devenu ingénieur, architecte ou artiste. Oui, il a fait des études de Staps. Non, il n’est pas professeur de sport au collège. Oui, il a créé plusieurs entreprises. Non, elles n’ont pas toutes marché. « 90% de ce que j’ai fait a échoué ». Oui, les 10% qui restent sont trois belles entreprises.

J’ai voulu comprendre ce qui l’a amené à cette dynamique de création entrepreneurial. Comprendre ce qui l’a poussé et maintenu sur sa lancée. Comprendre comment est-ce qu’il a mis son Q en mouvement et comment il le maintient toujours dans ce twerk endiablé.

En observant son parcours …

Fac de Staps. Création de BrainBox. Création de Start Corporation. Création de Fame’Us. Manager Europe pour le réseau social américain Triller. Et enfin, création de Time For The Planet.

                                           … Je me suis rendue compte de deux grands pivots dans sa vie :

1. Le lancement de BrainBox, une boîte qui édite et développe des communautés sur les réseaux sociaux, donc rien à voir avec le sport.
2. La création de Time For The Planet : après des années dans le domaine digital, il se lance dans l’écologie.

Voilà ma lecture du parcours d’Arthur.

Quand des anecdotes sexuelles t’amènent à l’écologie.

Oui. La sexualité réunit.

Lorsque Arthur a commencé ses études, il s’est retrouvé avec 6 mois et demi de vacances par an. Pour la première fois, il avait l’espace nécessaire pour donner vie à ses idées. Son envie de tester plein de choses devient frénésie. Il ne s’arrêtera plus.

Cette fureur créative s’est notamment concrétisée avec deux évènements qui marquent Arthur et le mettent sur la voie de l’entrepreneuriat. Le premier évènement déclencheur est un concours organisé par une grande marque où il était demandé de réaliser un arrangement musical. Arthur envoie un petit mix pour s’amuser. Et tu sais quoi ? Il remporte le premier prix parmi 30 000 participants.

« Je n’avais même pas suivi le truc, c’est mon frère qui m’a dit un mois après : T ’es conscient que tu as gagné ? “ ».

Ce premier succès, lui apporte bien plus qu’un prix, il lui donne confiance en lui. Il prend conscience qu’il a remporté un concours national par lui-même, sans aide, sans réseau. « Et ça, ça m’a donné envie d’aller plus loin ! ». Voilà un premier levier.

En parallèle, il commence à découvrir le monde des communautés digitales et des réseaux sociaux. Il débute en participant au groupe Spotted de sa fac. Oui, tu sais, ces groupes où tout le monde pouvait poster des messages anonymement (beaucoup de cœurs y ont été brisés). Et un jour, le propriétaire du groupe publie « quelqu’un le veut ? ». Arthur commente « Oui ». Et il se retrouve avec une communauté de 1000 abonnés. Il a osé, le twerk pouvait commencer.

Il s’amuse donc, sans ambition particulière, à développer cette communauté et découvre les secrets des réseaux sociaux. Puis, il constate que le mouvement Spotted et VDM (Vie de Merde, rappelle-toi !) commence à s’essouffler. Il appelle deux amis et leur dit « Est-ce qu’on ne pourrait pas créer un Spotted pour toute la France ? ». Et ils ne mettent pas bien longtemps à trouver un sujet pouvant rassembler : le sexe. La communauté « Nuit de Merde » est née. Le concept est simple : republier anonymement les pires anecdotes sexuelles des abonnés. 

« On a eu 200 abonnés pendant deux semaines, il ne se passait absolument rien. C’était la fin de ma licence 2 et j’étais maître-nageur, comme tout bon stapsien qui ne sait pas quoi faire l’été. Je me rappelle très bien du jour où je suis rentré et la page avait 1000 abonnés. Je ne sais pas trop ce qui c’était passé. On avait juste posté quelques anecdotes à nous, mais rien d’incroyable. Le lendemain, je rentre à nouveau du taf et je vois 10 000 abonnés. La journée d’après : 100 000 abonnés. C’était énorme. »

En quatre jours, la communauté atteint 270 000 abonnés. En plein surf sur la vague d’excitation, Arthur reçoit un coup de fil du fondateur de Vie de Merde qui lui propose un partenariat. « Et moi, jeune coq, je lui dis « non, c’est mort », je fais mon truc ». Malheureusement une petite queue de poisson après, VDM signale la page d’Arthur et celle-ci est supprimée par Facebook.

« Donc je me retrouve avec le 1e truc qui marche dans ma vie court-circuité, détruit, par VDM ».

Malgré cette déception, Arthur ne se laisse pas écraser et créé une nouvelle communauté « Nuit Sans Folie ». L’engouement n’est plus le même. Mais deux mois plus tard, sa page compte 200 000 abonnés. Cette réussite, alors qu’il était reparti de zéro, le conforte sur sa lancée. Il créé de nouvelles communautés, lance une application, commence à gagner quelques sous. Un deuxième levier.

« Je n’y connaissais rien, j’ai fait toutes les erreurs du monde. Je prenais un développeur étudiant qui faisait des fautes d’orthographe dans le menu … Enfin bref. Tout était merdique. »

Mais ça marche.

Son application se retrouve première du classement sur l’App Store. Et alors que ça commence à bien marcher, il se dit qu’il y a peut-être d’autres jeunes comme lui qui animent des communautés, sans savoir comment les monétiser. Ni une, ni deux, il leur vend ce service. BrainBox est né. Il a osé.

Il se retrouve alors seul dans ses nouveaux bureaux à Lyon. Il a fini ses études. Il a une startup. Mais il ne sait pas où il va.

« Il n’y a rien qui ne fait plus peur que ce que tu ne vois pas. Tant que tu fuis quelque chose, tant que tu baisses les yeux, ça fera peur. Et forcément quand tu as peur, tu ne fais rien, t’es paralysé. A partir du moment où tu regardes ta peur en face, tu vas peut-être te prendre une sacrée raclée, par contre tu vas tout de suite comprendre comment la contourner et la dépasser et ça fait vachement moins peur ».

Arthur a fait face à ce vide, à cette peur. Et il l’a utilisé pour se construire une vision : À 21 ans, il tombe sur une vidéo Ted X, Draw your future de Patti Dobrowolski, qui l’inspire. Il suit ses conseils et dessine l’image parfaite de son futur. Celle-ci va le guider jusqu’à ses 25 ans. Un troisième levier.

Oui. L’écologie réunit.

À 25 ans, Arthur a atteint cette vision. Il se retrouve face au vide, avec cette même question qui revient : « C’est quoi la suite ? ».

Son parcours me montre qu’il a appris à affronter ses peurs et ses questionnements. Cette fois-là n’est pas différente. Il décide de plonger dans le vide et de sortir de sa zone de confort. Il part pour Paris, ville qu’il n’a jamais aimée, et s’installe dans les bureaux d’un ami. Il se retrouve entouré d’inconnus exerçant des métiers qu’il ne connaît pas dans une ville où il ne se sent pas bien. Et là, face à sa feuille blanche, il a regardé la peur en face, il a eu mal. Mais comme il le dit, il faut tomber pour se relever et comprendre. Quatrième levier.

Cette période de pause où il prend le temps de respirer le ramène à une valeur importante pour lui : l’écologie. « Ma plus grande chance, c’est que je suis né à la campagne, dans un petit bled de 200 habitants, dans les montagnes ». Depuis toujours, il est entouré de nature et ce sont ces moments de déconnexion où il part marcher pendant des heures, seul, son portable oublié chez lui, qui lui permettent de maintenir son équilibre. Et surtout, il se rappelle sa prise de conscience quand, une année, il n’avait pas pu skier sur sa piste favorite, la neige avait disparue, il fallait monter plus haut pour la retrouver. Depuis ce jour, il cherche à comprendre le pourquoi du comment. Articles scientifiques. Documentaires. « La fonte du permafrost, on disait que ça devait avoir lieu dans 30 ans et ça a déjà lieu aujourd’hui. Si on ne fait rien maintenant, dans 30 ans on est mort. Il faut qu’on arrête nos conneries ».

Alors, Arthur décide de continuer à faire ce qu’il fait le mieux : créer des boîtes. Cette fois-ci au service du combat contre le changement climatique.

Il loue des bureaux et lance la startup l’Optimisme. Et là, l’univers (le destin, le karma, Dieu, ce que tu préfères) fait bien les choses. Arthur se retrouve voisin de bureau avec deux autres entrepreneurs qui commençaient à monter l’entreprise Time For The Planet. Ils se rendent compte qu’ils souhaitent faire quasiment la même chose. Arthur les voit galérer, « Ils n’arrivaient pas à communiquer leurs idées, donc je suis allé les voir ». Le trio est scellé, l’aventure se poursuit. Cinquième levier.

« Time for the Planet est la première société à but non lucratif qui crée et finance des entreprises luttant à l’échelle mondiale contre le dérèglement climatique. »

Une expérience originelle ?

Le parcours d’Arthur est marqué par ces expériences et ces opportunités qu’il a accepté les bras ouverts et vécu pleinement. Je suis impressionnée par son optimisme infaillible et sa capacité à ne jamais baisser les bras. Je me demande d’où il tient cette force, cette ténacité. Je creuse. Et là, il me parle de son grand-père.

Un grand-père peu loquace, pas de bisous, ni de câlins. Un homme plutôt taciturne. Un jour, alors que ses parents sont de sortie, Arthur se retrouve seul avec lui. Et là, sa langue se délit. En feuilletant un album photo de sa jeunesse, son grand-père fond en larmes, plein de regrets. D’abord, interloqué de voir pour la première fois son grand-père dans cet état ; cet évènement le marque lorsqu’il apprend, une semaine après, le décès de son aïeul. À 14 ans, il fait donc déjà face à la mort et face à elle, il ne baisse pas la tête, au contraire, il se fait une promesse : jamais il n’aura de regrets. C’est le début d’une vie où il tente toujours de faire de ses idées, de ses envies, une réalité.

Il te raconte ce souvenir : https://w.soundcloud.com/player/?auto_play=false&buying=false&liking=false&download=false&sharing=false&show_artwork=true&show_comments=false&show_playcount=false&show_user=true&hide_related=true&visual=false&start_track=0&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F850315576

Et depuis quelques années, Arthur a un outil bien à lui pour affronter ses peurs et rester pleinement vivant dans le moment présent. Un peu comme Steve Jobs qui se demandait chaque matin : « si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, qu’est-ce que je ferai ? ».

Lorsqu’il se retrouve dans un moment difficile, déconnecté du moment présent, Arthur a un hack pour rebouter son cerveau. Il ferme les yeux et il s’imagine à 90 ans :

Je sens mes jambes, mon dos et mes bras engourdis dans une matière molle qui m’enserre. Je me sens lourd. Ma respiration est rauque. J’ouvre les yeux. Face à moi le plafond. Je suis dans un lit dont les draps happent mes jambes qui sont comme engluées. Impossible de bouger. Je tourne la tête doucement vers la droite. Ce simple mouvement provoque des picotements douloureux dans mon cou. J’aperçois alors une petite fenêtre laissant filtrer la lumière blanche du jour. A peine de quoi éclairer la petite salle dans laquelle je me trouve. Dehors, des arbres virevoltent dans le vent, des fleurs violettes et blanches dansent avec les brins d’herbe et quelques rayons sautent par-dessus les nuages pour venir réchauffer le paysage. Je n’ai qu’une envie, sortir. Je pousse sur mes bras. Tout de suite, je sens mes épaules craquer sous l’effort, mon souffle en est coupé, la douleur descend de mes épaules dans mon dos. Je parviens à peine à me mettre en position assise. Je suis essoufflé. Dehors, j’entends le croassement d’un corbeau. Ais-je vraiment 90 ans ? Suis-je vraiment coincé dans ce corps ? Dans ce lit ?

Là, Arthur ouvre les yeux et reprend conscience de son corps de 27 ans, robuste et flexible, dynamique et souple. Il sourit, il respire. Il est heureux. Il a envie de courir dehors et il le peut. Il lève ses yeux brillants vers le ciel et soupire en pensant « que c’est beau ! ». Il se sent puissant, capable de tout.

Il observe le monde avec un regard pétillant et positif où il est possible de voir de la beauté même dans la ruelle la plus obscure. Incorruptible optimiste, pour lui : « Le monde ne manque pas de merveilles, juste d’émerveillement ».

Des outils pour un twerk endiablé.

Rien n’est magique. Si Arthur est là où il est, c’est qu’il a su se poser les bonnes questions et s’armer des bons outils pour continuer à avancer. En voici un résumé :

·       Respire : Il prend le temps de se questionner lorsqu’il en a besoin (à la fin de ses études avec BrainBox et à 25 ans lorsqu’il a atteint sa vision). Et surtout, ces moments de pause font partis de son quotidien. Chaque semaine il va se promener en montagne. « Parfois je pars marcher pendant cinq heures, sans m’en rendre compte, je suis complètement déconnecté. Et c’est dans ces moments-là que je trouve de nouvelles idées ». La créativité née là où il y a de l’espace pour elle. Puis, il a le hack de son cerveau, dont je te parlais plus haut, qui lui permet de rester conscient de toute la beauté qui l’entoure, de toutes les possibilités qu’il peut saisir.

·       Découvre : Arthur a toujours été ouvert aux opportunités, il a toujours été curieux. Il n’a jamais hésité à contacter des personnes qu’il admirait simplement pour discuter. Cette envie de rencontres et de découvertes a fait qu’il a su s’entourer de mentors, d’artistes, d’entrepreneurs, d’un véritable écosystème qui l’a poussé et aidé à chaque étape. C’est parce qu’il est curieux qu’il est tombé sur ce Ted X et qu’il a pu dessiner concrètement sa vision.

·       Ose : Axe. Spotted. BrainBox. Paris. Lyon. Time For The Planet. Tout est dit. Je me demande même s’il n’a déjà pas osé.

« J’ai toujours eu cette philosophie d’avoir plusieurs vies dans une vie : une vie de sportif, de musicien, une vie d’étudiant, de Youtuber, une vie d’entrepreneur ».

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